Omnikin, qui bien y pense !


Je ne vous apprends rien en vous disant que le football se joue avec les pieds, le handball avec les mains, le basketball avec un panier ... mais savez-vous avec quoi se joue le Kin-Ball ?

D’abord avec un ballon, c’est évident, et quel ballon ! 1,22 mètre de diamètre (pour seulement 1kg). Mais le Kin alors ? Kin, comme kiné ou kino, signifie mouvement. Et c’est vrai qu’on bouge au Kin-Ball, ce ne sont pas les élèves de l’AS Kin-Ball qui vous diront le contraire. À 16 participants de la sixième à la quatrième cette année, ils sont suffisamment nombreux pour faire les 3 équipes de 4 joueurs nécessaires pour un match de Kin-Ball.

Oui ! j’ai bien dit 3 équipes et pas deux. Les créateurs québecois du Kin-Ball ont sans doute estimé qu’un ballon de 1,22m, ce n’était pas assez original donc ils ont renchéri avec une règle du jeu à trois équipes en même temps sur le même terrain et ... je garde le meilleur pour la fin : le sport est mixte.

Mais revenons à nos élèves : voilà un an qu’ils s’entraînent entre eux tous les mercredis soir avec Sebastien Fraleux. " Omnikin bleu !", "Omnikin noir !", "Omnikin gris !", voilà ce qu’on entend sur le terrain de jeu entre les coups de sifflet de l’arbitre : c’est le cri d’une équipe pour défier l’une des deux autres à rattraper le ballon qu’ils vont lancer : trois joueurs tiennent simultanément le ballon tels trois Atlas soulevant le globe terrestre et le quatrième joueur l’envoie en orbite dans l’espoir qu’il touche le sol avant que l’équipe défiée ne l’aie attrapé.

À part ces "Omnikin...", on n’entend pas grand chose car toute contestation de l’arbitre, tout manque de respect verbal ou physique envers un joueur est sanctionné par un carton. Plus fair-play, on fait pas !

Si nos kinballeurs munichois ont bien progressé tout au long de l’année, il leur manquait quand même un baptême du feu, celui où tout sportif se mesure à l’inconnu, celui qui fait grandir dans sa tête, celui qui rend heureux après coup mais qu’on appréhende un peu : j’ai nommé "la rencontre avec d’autres joueurs".
Hélas, aux alentours de la Berlepschstraße, point de kinballeur à l’horizon, pas le moindre petit club de Gymnasium, des championnats de Foot en-veux-tu-en-voilà mais des porteurs de gros ballons : niet, nada, oualou, rien, nix !

Il en faut plus que ça pour décourager M. Fraleux : en quête d’adversaires à la mesure de son équipe, il a trouvé le Graal dans le Gymnasium de Neustadt an der Waldnaab. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce lieu charmant, il est situé à 2h40 de route au Nord-est de Munich. Neustadt an der Waldnaab n’est pas seulement un haut lieu de la géologie bavaroise, c’est aussi la ville de Bavière qui a le Gymnasium où on joue au Kin-Ball !

Voilà donc notre équipe levée aux aurores ce 20 juin dernier pour se rendre en bus au Gymnasium de Neustadt an der Waldnaab. Arrivés à 10h, on ne traîne pas, on fait connaissance et on fait les équipes ... eh bien non, ce ne sera pas une rencontre Munich contre Neustadt car nos hôtes organisateurs ont décidé de faire des équipes "mixtes-mixtes" : la composition de chaque équipe est tirée au sort parmi tous les joueurs des deux clubs. Et chaque équipe a un nom : les mighty marschmallows, les snappy hornets, les rainbow unicorns, les slobbery rattlesnakes, les tricky turtles et les tuna tigers.

Ainsi, après deux heures de tournoi, dans un gymnase attenant aux classes où les autres élèves peuvent venir observer et encourager les sportifs pendant leurs pauses, la victoire sera attribuée aux ... rainbow unicorns !

Bravo mais on s’en doutait.
Une remise des prix, une photo de groupe, une bonne douche et la journée continue. Nos kinballeurs affamés vont être servis, pour leur déjeuner, par des élèves du lycée qui participent à un projet pédagogique de gastronomie française et qui ont également préparé le repas.

La digestion du repas, elle, sera géologique ! Eh oui, comment aller à Neustadt an der Waldnaab sans passer par les orgues basaltiques de Hoher Parkstein toute proches. Alexander von Humbolt se serait écrié en les voyant : " Ce sont les plus belles orgues basaltiques d’Europe !" Ça tombe bien, Gernot, l’un des professeurs de sport qui nous a accueilli est également géologue. Notre minibus nous emmène sur le site et se gare sur ce que nous pensions être au départ un parking.

La visite commence, il fait 35°C à l’ombre, le soleil est au zénith, Gernot explique, Samuel traduit en français - on voit qu’il a fait de la géologie en SVT cette année - , on touche les cailloux, on en ramasse un peu, des fourmis énooormes nous chatouillent les mollets, on grimpe jusqu’en haut du site et là, qu’est-ce qu’on apprend ? On est dans un volcan ! Le minibus, le parking, la colline, les fourmis, les kinballeurs, les cailloux, Gernot, tout est dans la cheminée d’un volcan ! Heureusement, sa dernière éruption a eu lieu il y a 22 millions d’années : à défaut de nous rafraîchir, cette nouvelle a au moins le mérite de nous rassurer.

Mais le temps passe, l’heure des au-revoir a sonné, il est déjà 22 millions d’années après l’éruption et 4 heures de l’après-midi, il nous reste encore 2,40 heures de route pour rentrer.

On se remercie chaleureusement en se promettant de se retrouver à Hrádec Králové en Tchéquie en octobre prochain pour un tournoi international de Kin-Ball, on espère faire le match retour à Munich avec les prochaines équipes de l’AS Kin-Ball voire les autres équipes que M. Fraleux aura pu développer (et il y a de quoi faire), bref, nous voilà amis pour la vie.
Et c’est bien à cela que ça sert le sport ? Non ?

Valérie Kaas


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