Cabinet de curiosités de Madame Bovary


à la découverte de quelques-uns des objets qui jalonnent le roman de Flaubert

Madame Bovary est l’un de ces romans dont il est difficile d’épuiser les lectures. S’agit-il seulement comme le résume le procureur lors du procès intenté à Flaubert pour atteinte à la morale et à la religion, du "roman des adultères d’une femme de province" ? Ce serait en rester au point de départ de l’écriture de Flaubert, un fait divers comme on en lit tant dans les journaux.
De cette histoire somme toute banale - le suicide d’une jeune épouse et mère adultère, sans doute pour échapper aux dettes contractées pour ses plaisirs - , Flaubert va d’abord faire émerger un concept qui tient du mythe littéraire, cette "Maladie Textuellement Transmissible" (Daniel Pennac) qu’est le bovarysme, qui fera d’ailleurs de ce roman une référence mondiale en littérature.
Mais il va également faire le procès de la bêtise et de la médiocrité qui l’exaspèrent chez l’homme ordinaire, et dresser un portrait somme toute au vitriol de la société dans laquelle il vit, qui n’est autre que la société industrielle de plus en plus dirigée par une bourgeoisie montante. Madame Bovary se révèle de la sorte aussi bien le roman d’une ascension sociale ratée, le roman du triomphe de la bêtise à travers le personnage du prétentieux pharmacien Homais, le roman du triomphe du commerce et de l’argent à travers la réussite sournoise et rampante de Lheureux, à la fois marchand de nouveautés... et usurier.
Le objets tiennent ainsi une place particulière dans Madame Bovary, indicateurs de rang social, des aspirations aristocratiques de la bourgeoisie, du néant de la vie d’Emma qui n’éprouve de sentiments religieux que si elle possède un prie-Dieu gothique ou quelque reliquaire précieux, de la société de consommation naissante et de son corollaire, l’achat à crédit - grâce aux billets à ordre, fatals à Emma. Voici quelques-uns de ces objets, présentés par des élèves de TL :


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